Au fil des jours

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Mercredi 19 juillet 2006
Tous les jours c'est le même cirque. Je sors de mon immeuble et je me fais mater les fesses par toutes les grands-mères qui squattent le hall d'entrée. Ah ben oui ici, ce sont les mamies qui n'en foutent pas une, tournent en rond et fument des gros pétards dans les cages d'escaliers ! Non, en fait, elles prennent le frais avec leurs petits enfants, tant qu'il ne fait pas trop chaud, elles vont leur aérer les fesses et parler chiffon. Alors je leur souris, je regarde avec tendresse les bambins (ils idolatrent les enfants jusqu'à ce qu'ils aient l'âge d'aller à l'école, après, j'ai l'impression qu'ils deviennent moins intéressants).

Et pour autant, je n'ai pas beaucoup de retours sympathiques. Parfois, un sourire mais rare. La plupart du temps, j'ai plus l'impression qu'elles se demandent qu'est-ce que c'est que ce drole de truc long et rose à poils blonds fait dans le coin. Pourtant, après 8 mois, l'info aurait du commencé à circuler. Pour les quelques qui me remettent et savent que j'habite dans le coin, le regard de surprise et d'incrédulité fait place à un regard limite inquisiteur "pourquoi il est pas au boulot depuis 6h du mat et qu'est-ce qu'il fout encore chez lui à 8h30" ?? A chaque fois, j'ai l'impression d'avoir fait un truc qu'il ne fallait pas. Le jour qui les fait le plus halluciner c'est celui où je sors mes poubelles. Généralement, je fais du "tri". Tout va évidemment au final dans la même benne mais je trie qd même : un jour je sors les bouteilles d'eaux, un jours les sacs et mon préféré, celui des bouteilles de bière. Quand les mamies me voient sortir de l'immeuble avec les bras chargées de bouteilles, j'ai l'impression à leurs regards qu'elles vont toute tomber à la renverse de leur parapet. Bon, ça c'est rigolo mais ça va 2 jours. Vivement l'hiver qu'elles rentrent et que je puisse sortir de chez moi l'esprit tranquille.

200 m plus loin, à l'arrêt de bus, planté à l'ombre sur 3 petites marches, je deviens le point de convergence de tous les regards. Mais pas de petits regards discrêts que de honte en s'en va baisser dès que je l'ai intercepter, non, de longs regards bien insistants qui déshabillent de haut en bas, interrogateurs, soupçonneux, inquiets, jamais accompagnés d'un sourire mais d'un froncement de sourcils. A Paris les chinois adorent la Joconde, hein ? Particularité de cette oeuvre outre son sourire, son regard. Où que l'on soit, on a l'impression qu'elle nous regarde. On peut se déplacer devant, ses yeux nous suivent. Et bien moi, j'ai des dizaines de Mona Lisa bridées tous les jours. Généralement, ils approchent le visage impassible à toute chose extérieure puis d'un coup, c'est la découverte du laowai du bus. Nés dans une société où il faut avancer, leurs jambes continuent à avancer mais les yeux et la tête restent fixées sur moi, jusqu'à ce que m'ayant dépassé, une vive douleur dans le cou leur rappelle que le corps humain n'est pas fait pour faire des 180° avec la tête. Moi qui ait toujours rêvé d'être discrêt, j'ai pas choisi le bon pays.

Puis viennent les transports en commum. Combien de fois, dans le métro ou le bus ai je vu des gens se précipiter vers la place libre qui est à côté de moi, commencer un demi tour pour poser leurs postérieur et soudain, se rendre compte que c'est une espèce de monstre blanc à long nez qui est assis là et se relever aussi précipitamment que si le siège était clouté et aller s'assoir plus loin. Ce matin encore. Dans l'ascenseur, ma voisine de palier voulant descendre avec son môme l'a retenu par le bras pour ne pas qu'il rentre avec moi et qu'ils puissent attendre le retour de l'ascenseur pour descendre à leur tour. J'en peux plus de ces réactions. Alors je les emmerde exprès. Ce matin, j'ai bloqué l'ascenseur en leur faisant signe de descendre avec moi. Au bout de 4 appels elle s'est finalement décidée. Dans le bus, une banquette à 3 places ? je m'assois au milieu. Comme ça, je suis presque sur de faire tout le trajet tout seul.

Au final et heureusement, je ne me sens pas agressé par leur regard (enfin pas tout le temps) et je ne leur en veux pas d'être encore étonnés de découvrir les étrangers, mais dans la vie de tous les jours, des fois, c'est lourd. En plus après je me pose des questions ; je vérifie 5 fois que j'ai bien ma braguette fermée, que j'ai pas de persil dans les dents, que j'ai pas oublié de mettre mon pantalon (je fais ça avant la braguette) ou de retirer mon bonnet de douche. Je deviens complètement parano avec leurs conneries !!

Le superflu


Ma Chine en photo ICI


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