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Vendredi 18 novembre 2005
par Sébastien publié dans : Photo du jour
Vendredi 18 novembre 2005
    En parlant de cirque, voilà la fanfare ! Réveil en sursaut à 23h30 environ par une énorme explosion ! Un grand "Bang !" suivit d'un roulement-grondeur sur plusieurs secondes. Un œil glauque entrouvert, je réfléchis… Un orage ? Un immeuble que l'ont a abattu ? Les américains qui ont encore fait une connerie ? Mof… trop fatigué moi, pas de sirène, pas de cri de panique, ça doit pas être grave… Je verrais demain.
    Le lendemain, je pose la question pour savoir d'où venait ce bruit. Tout le monde a l'air de s'en tamponner la coquille. Ceux qui l'ont entendu prennent ça pour un gros coup de tonnerre (j'en doute) et les autres dormaient. Je suis pas plus avancé et pourtant il y en aura d'autres pendant les jours suivant… Mystère…
    Pour l'instant, l'important est d'aller poser mes valises dans mon nouvel appart et de le meubler avec quelques trucs pour moi forcément indispensables mais qui pour mes chinois sont de grandes nouveautés : un chauffe eau, une machine à laver etc.
    On fait un tour dans un grand magasin spécialisé dans l'électroménager. C'est pas comme Darty ou Boulanger, là c'est des dizaines de petits stands qui te proposent la même chose ou presque. On choisi donc l'essentiel, un climatiseur, un chauffe eau, une machine à laver en plastique qui fait sèche linge aussi et une bouilloire, accessoire essentiel pour le thé et les nouilles instantanées.
    Pour ces achats, je suis avec un étudiant qui découvre avec moi les besoins des occidentaux. Il est fort sympathique mais se retrouve obligé d'acheter des trucs dont il ne se sert jamais ou dont il ne soupçonnait pas l'existence comme quelle lessive acheter pour mettre dans la machine à laver. Un peu comme si on me demandait d'acheter de l'huile pour un moteur de fusée. Pô facile… Il s'en sort pas trop mal en choisissant (au hasard ?) un beau paquet bleu en me disant d'un air confiant "ça sera très bien". Mais il n'y a pas que ça, il a aussi besoin des vendeuses pour lui dire ce dont je vais avoir besoin, des draps, des oreillers, une couette d'été et une d'hiver, elles arrivent même à lui refourguer un genre de couverture hideuse marron qu'il m'a fait mettre entre le matelas et les draps, peut-être pour que le lit n'ait pas trop froid. Il est fort possible qu'en fait ça ne soit qu'une simple couverture à mettre par dessus mais si ça se trouve c'est la tradition ici de mettre une couverture en dessous alors je ne l'ai pas vexé et puis ça rend le lit plus moelleux… Si vraiment j'ai froid, je la mettrais à l'occidentale.
    Il s'autoproclame aussi mon "professeur de chinois". En attendant les livreurs, il tente de m'apprendre comment bien prononcer mon adresse et celle de la fac pour que je puisse prendre le taxi tout seul et puis me donne 2-3 mots de la vie courante. Les enfants, c'est pas gagné le chinois pour moi !!!!
    Pour déjeuner, il m'emmène dans un des fast-foods qui se trouvent sous mes fenêtres et me commande un bol de nouilles faites sur place avec dedans un œuf cuit dans l'huile et un genre de steak de tofu. Je mange sans trop me poser de questions. C'est un règle ici, des fois il vaut mieux fermer les yeux et ne pas penser à l'européenne et à tes anciennes règles d'hygiène et de sécurité. N'empêche c'était pas si mauvais, à part le tofu dont je suis pas fan. A la fin, un des serveurs a rassemblé toutes ses connaissances en anglais pour me demander si j'avais trouvé ça bon. Attention préparez vous, c'est bref : "Ok ?". ah, je vous avais prévenu… Je me contente d'un classique et simple "very good". Mais là c'est déjà trop et il fait une drôle de tête. Alors je serre le point, pointe mon pouce vers le haut, sort mon plus beau sourire, un petit clin d'œil et répond un superbe "Ok !!". Son visage s'éclaire, tout va bien, on s'est compris.
    Les installateurs arrivent. Ils nous annoncent 15 minutes pour l'air conditionné. Bien vu, 15 minutes après ça fonctionnait. Impressionnant… Mais peut-être moins que la partie d'escalade d'un des gars qui est sorti dehors (au 7ème étage) faire de l'équilibrisme pour accrocher le gros ventilo, simplement retenu par un vieux bout de corde à son pote lui même au ¾ sorti. Je vous ai dit, des fois, il faut fermer les yeux et ne pas se poser des questions de sécurité…
    Petit aparté sur l'air conditionné. En été, évidemment, c'est super efficace quand il fait 40°C à l'ombre. Mais en hiver me direz vous ? Et bien Mao ayant décidé qu'au Sud du Yangtsé, aucun chauffage ne serait installé Shanghai manque de pot parce qu'elle n'est située qu'à quelques kilomètres au sud du fleuve donc pas de chauffage et en hiver on se les pèle sévère ! Autre particularité, ici, les double vitrages et autres isolations on connaît pas, les fenêtres ferment mal ou ont des trous de séries pour la ventilation. Donc c'est courants d'air et compagnie dans tous les bâtiments. Dernière solution, utiliser le thé en perfusion à longueur de journée pour te maintenir à température ou alors mettre la clim en mode chauffage (j'te raconte pas le gâchis d'énergie).
    Pour la suite, on me livre une superbe machine à laver le linge en plastique bleu avec sèche linge inclus. Ici, on "brasse" le linge à l'eau froide, on le rince comme on peut et on le fait sécher de la même façon… ça a l'air de marcher. Par contre comme elle pèse pas lourd, elle fait trembler tous les murs quand elle tourne…
    Bref, tout est bien installé, tout le monde est parti. Je suis seul dans ce grand appart vide et frais. Pas de bruit, ça m'impressionne, je mets mes écouteurs, Sweet Home Alabama ça c'est un truc que je connais. Je commence à ranger mes petites affaires. 20h, fin de la journée. Demain lever de bonne heure pour aller à l'hôpital de la fac pour une visite médicale pour avoir une carte d'étudiant. J'ai hâte…
Vendredi 18 novembre 2005
    J'ai beau me coucher super tôt, je suis toujours décalqué le matin. Faut dire, je me lève tous les jours avant le soleil depuis que je suis arrivé… Cette fois, c'est encore 6h du mat'. Dehors, le bruit ne s'est pas arrêté de la nuit, les magasins sont presque tous ouverts 24h/24 et le flot de voitures, les klaxons et les sirènes n'ont pas pris une minute de repos. Une douche rapide, il fait frais, un peu comme au camping quand tu sors de ta tente toute humide de rosée et que tu vas prendre une douche dans les sanitaires communs de l'autre côté du camp. Brrr… Frisson mon ami.
    Je m'enfourne dans un taxi. Je suis prêt. Ça fait 20 minutes que je répète l'adresse de la fac. Hier, mon pote le chinois m'avait dit que c'était bon et que le taxi comprendrait sans problème mon accent. Ben raté ! Mon plus beau "Tong Ji Da Xue" n'a pas eu l'effet escompté. Le chauffeur m'a regardé bizarrement. Après 3 répétitions, j'ai sorti ma carte pour lui montrer. Quelle frustration !
    Je retrouve mon étudiant chinois (j'arrive toujours pas à retenir son nom alors je vais l'appeler Polo) un peu à la bourre parce que le taxi a mis plus de temps que prévu à cause du trafic. Et hop, direction l'hôpital du campus. Il faut avoir de bonnes chaussures en toutes circonstances ici, on marche beaucoup. Je suis content d'avoir pris mes gros écrase m..... de marche qui font biper les détecteurs des aéroports.
    Arrivés à l'hôpital, faut trouver quelqu'un pour nous renseigner et nous indiquer un bureau perdu en haut d'un escalier au fond d'une cour. Là, on trouve un médecin qui parle Shanghaien avec une infrmière. Polo m'informe qu'il ne comprend pas un mot de ce qu'ils racontent. C'est cool, ça va être facile pour se comprendre. Après avoir été le premier occidental à m'installer dans la cité où j'habite, je suis le premier à passer un examen pour bosser à la fac. Je fais toutes les premières moi !
    Finalement, le médecin prend une belle feuille avec plein de cases dessus, s'assoit et me pose des questions : quelle taille ? ça je sais, 1,83 ! Quel poids ? Mince, la tuile ! Si seulement je m'intéressais à mon poids et pas seulement à mon bourrelet Kro… Je n'en sais rien, il me dit que c'est pas grave, qu'on verra plus tard et redonne la feuille à cases à Polo. Changement de bâtiment pour aller faire une prise de sang. Là, je flippe un peu, les dernières infos de prise de sang que j'avais étaient qu'on passait à la chaîne et qu'entre deux personnes, ils passaient juste la seringue à la flamme… Même pas peur… Enfin un peu flippé quand même le Bilou…
    Je suis rassuré, on passe effectivement bien à la chaîne mais les seringues sont individuelles et sorties d'un emballage plastique qui laisse supposer que je risque pas grand chose. Deux petits tubes de sang en moins, je repars avec mon manteau sous le bras, tenant en même temps le petit coton dégoulinant d'alcool sur l'orifice béant de ma veine gauche. Et forcément, avec autant de liquide, ça ne s'arrête pas de saigner tout de suite. Mais pas le temps de traîner, on se retape un ou deux couloirs pour aller écouter mon cœur. Une infirmière me fait asseoir. Empêtrer dans mon manteau-coton qui coule-bras qui saigne, je me demande comment je vais pouvoir me mettre torse nu facilement. Heureusement pas besoin, ils ont les oreilles de Steeve Austin ici et par dessus mon pull, elle pose son stéthoscope 2-3 fois et file un petit coup de tampon sur ma feuille à cases. Tout va bien. Passons dans le bureau d'en face. Je m'assoies presque mais une seconde infirmière m'arrête pour me faire retourner dans le bureau précédent. Il doit sûrement y faire meilleur ou je ne sais quoi. Là, on me prend la tension. C'est vrai, juste après une prise de sang, le Bilou qui tourne de l'œil d'habitude est en parfaite condition pour qu'on lui prenne sa tension. L'infirmière sort un bel instrument tout droit sorti des réserves soviétiques de la seconde guerre mondiale fait de divers tuyaux et d'un très beau baromètre (je l'appelle comme ça parce qu'il faisait bien 30 cm de haut, comme les baromètres qu'on peut avoir à côté de sa cheminée). Finalement malgré une prise par dessus les vêtements, ma tension va bien. Nouveau petit coup de tampon dans une case.
    Une demie-heure d'attente pour un passage aux rayons-X pour une petite radio. Ils gâchent vraiment le plaisir. On attend longtemps et eux, ils te torchent le truc super rapidement, sans précaution, sans protocole, en 10 secondes…
    Je remonte ensuite dans le bureau du premier médecin qui me demande quelle est ma correction aux yeux… Mais quelle question ???? Comment je vais lui dire en anglais que je suis astigmate et que ma correction aux yeux n'est pas de 100, 200 ou 300 comme il me le propose ??? Bon finalement, il considère que j'y vois, me fais un petit test pour voir si je suis daltonien et après, direction la balance. Là aussi, tout habillé, avec les grosses pompes, pas de problème pour eux… 80kg tout habillé le Bilou.
    Mais où ai-je la tête ? J'ai failli oublier le plus beau. Remarque, ça a duré tellement peu de temps que ça me m'étonne pas que je l'ai éclipsé. Après la tension, j'ai eu droit à un tripotage du cou (pour chercher des ganglions ? là je demande l'avis de spécialistes…) qui a duré 2 secondes. J'ai cru qu'il se foutait de ma gueule mais j'ai eu mon tampon… Le gars, il est quand même payé à rester assis toute journée dans son bureau et tripoter 2 secondes tout le monde. Un autre monde….
    Ça y est, 2 heures plus tard, on ressort mais on enchaîne par un passage par l'administration qui nous dit que forcément il y a un truc qui va pas, qu'il me faut un papier, seulement ce papier, il a été gardé par l'ambassade pour mon visa alors ça fout la merde, il faut rechercher l'original parmi les 500 qui traînent sur le bureau. Une demi-heure plus tard, on l'a enfin. Maintenant ce papier va me servir, après une autre visite médicale dans deux jours, à avoir un visa de résident temporaire. Trop content ! Pour ceux qui ont lu les premiers posts, j'ai déjà eu pas mal de soucis avec ma visite médicale en France et bien elle ne me servira pas parce qu'en France on ne fait pas la petite fiche avec les cases et les tampons, or pour que je puisse faire valoir ma visite médicale française, il me faut les petites cases remplies… Aaaaahhhhh... !!!
    Finalement, on enchaîne par une photo officielle fait par la fac pour avoir une jolie carte d'étudiant avec laquelle je pourrais être autonome sur le campus, resto u, petits magasins, paye directement versée dessus etc.
    La mission de l'après midi paraît plus simple : trouver un vélo ! Mais comme je l'ai précisé le matin, je fais 1,83m et les vélos à ma taille ne cours pas les rues. Le truc ici si tu veux garder ton vélo c'est d'en acheter un moche ou un de seconde main. Au supermarché du coin, il n'y a pas ma taille alors on va dans un petit magasin spécialisé vélo près de chez moi et là on en trouve un mais 2 fois plus cher que les autres. Il est encore un peu petit et je risque de me le faire voler mais je le prends quand même parce qu'il n'y a pas plus grand dans le magasin et comme j'ai 20 minutes de vélo matin et soir, j'espère que la différence de prix fera qu'il ne me lâchera pas dès les premiers coups de pédales.
    Pendant que le marchant me monte les accessoires, panier à l'avant et cadenas à l'arrière, il demande à Polo d'où je viens. Polo me laisse répondre. Fa Guo ! France ! Le petit vendeur s'éclaire soudain et essaie tant bien que mal de me dire "Tour Eiffel". C'est adorable !
    Le problème maintenant, c'est qu'on est venu là en taxi et qu'il va falloir retourner sur la fac. Je ne peux décemment pas laisser Polo rentrer à vélo et moi en taxi, ni le prendre sur mon porte-bagage. Une charmante, passe encore mais lui il est un peu rondouillard… Je décide que je peux y arriver tout seul sans plan, ça doit pas être si compliqué que ça… Et finalement, j'y suis arrivé sans me tromper. Le temps où le Bilou se perdait sans arrêt serait-il terminé ?
par Sébastien publié dans : Bilou en Chine

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