Et bien oui, j'ai eu la flemme. Comme je suis un peu malade et qu'il ne s'est absolument rien passé d'extraordiaire dans la journée, je me suis dit que je ferais bien mieux d'aller au lit plutôt que de vous dire que je n'avais rien fait...
Bref, aujourd'hui je sens que ça va être pareil. Je me suis réveillé à 7h, un grand rayon de soleil traversait mes rideaux en carton (j'ai mis du carton au fenêtre pour avoir plus chaud la nuit) et venait éclairer mon grand mur blanc et vide... Je me suis dit "ah, une belle journée ensoleillée, comme un automne en France, froid et sec..." Bon à peine levé, on se rend vite compte qu'on est pas en France... Si on regarde le ciel, juste au dessus, il est bleu mais si on se rapproche de la ligne d'horizon, il devient évanescent et la brume, grise, jaune et rose de pollution éthere le paysage. Spécial dédicace à Syl pour le vocabulaire (oui je sais, moi aussi je t'aime). Bref, un nuage terrible, je ne voyais même plus les tours de la fac de Fudan (culture générale : la plus vielle université de Shanghai, fondée par un allemand en 1905) qui ne se trouve pourtant qu'à quelques centaines de mètres de chez moi. Impressionnant mais asmathiques s'abstenir...
Bref, ce matin, j'ai de la chance, je ne prends pas mon vélo mais le taxi. Une n-ième fois pour aller chercher mon visa. 1h30 d'embouteillage pour 5 minutes de queue et 800 yuans de moins dans mon protefeuille, mais finalement je l'ai. ça y est, je peux entrer et sortir de Chine pendant deux ans !!
Donc matinée perdue. Puis déjeuner puis petit tour à la poste avec Marie et finalement il est déjà 14h, faudrait peut-etre que je me mette à bosser. Mais comme vous le voyez, en ce moment, je vous écris alors le boulot ça sera pour un peu plus tard...
Et là, oh Miracle !! Marie que je viens de quitter débarque dans mon bureau avec un papier alu dans les mains et me dis qu'elle vient de trouver ça sur son bureau et me demande si j'en veux. Je m'attends au pire et découvre avec joie... du Comté. Du Comté qui fait puer de la gueule... Ah bonheur... Mon voisin se laisse convaincre de gouter un bout, y va timidement et manque de vomir. Moi je me régale... Apparement, c'est le chef de Marie qui, revenant de France, lui a rapporté deux gros bouts de fromage. Sympa !
Ben je crois que c'est tout pour les news de ce matin.
Bisous à tous !
J'ai d'abord perdu ma matinée dans les taxis pour aller chercher mon visa que je n'ai pas eu parce que la petite dame m'avait dit la semaine dernière que je pouvais venir le récupérer "next tuesday" et manque de pot en fait, c'était "next thursday" !!! Non, mais je vous jure !! Bref, je m'y recolle jeudi...
Là dessus, énervé, j'ai rien fait jusqu'au déjeuner puis j'ai trainé parce que je suis un peu malade (un p'tit rhume, rassure toi maman, j'ai rien fait de cochon avec un poulet) donc moyenne forme. L'après midi, j'ai reçu un coup de fil d'une fille qui bosse à l'ambassade de France à BeiJing et qui s'intéressait aux quelques rares post-docs et chercheurs français en Chine, savoir pourquoi ils étaient là, quelles étaient leurs motivations etc... On a papoté une bonne demie-heure. Puis il a été temps d'aller faire 2 courses pour bouffer ce soir et voilà... Wahou, après l'effervescence des premiers jours, ça fait un choc de faire aussi peu de choses...
Pour ne pas vous avoir fait venir pour rien, un petit coup de gueule... ça y est je craque !
Les chinois, c'est connu, crachent. Toute la journée et partout (excepté dans les transports en commun). Ils ne crachent pas un petit jet vicieux comme les racailles françaises, non, ils se raclent fortement et bruyamment la gorge et molardent un bon gros truc dégueulasse... A vélo, ils font presque autant de bruit que les klaxons et tu pries pour que le vent ne change pas de direction d'un seul coup et que tu ne te le prennes pas en pleine gueule...
Mais me direz vous, au labo, je ne risque rien et ils ne vont pas cracher dans les couloirs... Cracher non mais aller chercher leur molards au fond de leur gorge oui ! Pas de pot, je suis juste en face des toilettes. Et quel meilleur endroit pour cracher que les toilettes ? Donc du bout du couloir ils se préparent et arrivés devant ma porte, ils se lâchent et se râclent bruyamment la gorge avant de molarder tout aussi bruyamment dans les urinoires... J'ai pensé un instant que je m'y ferais et que je ne les entendrais plus au bout de quelques jours et bien non, maintenant, ça me hérisse le poil à chaque fois qu'ils passent... Mais pourquoi j'ai pas eu le bureau en face des toilettes des filles ????

La journée a commencé par quelques manips au labo, ça y est, je suis lancé. J'ai pour ça été aidé de mon collocataire de bureau des post-docs, Xie Xin, que j'ai interrompu en grande discussion avec une charmante dans le labo. Après l'avoir raccompagnée, il est revenu me tourner autour pendant que je manipais et nous avons discuté du w-e, de ce que nous avons fait et aussi des rapports hommes femmes en chine.
Nous en sommes arrivés à parler de ça parce qu'il m'a raconté que sa tante et son oncle était venus le voir et il m'a ensuite demandé si il y avait un mot en anglais pour différencier cousin de cousine... Puis il a enchainé direct avec les maintenant classiques "est-ce que tu as une copine en france ?" et "est-ce que tu veux trouver une copine ici ?". ça commence à me lourder leurs affaires de clubs de rencontres... J'ai donc dit que j'étais prêt à rencontrer plein de chinois, filles ou garçons, pour mieux découvrir la chine et la vie ici mais pas forcément trouver une copine. J'ai aussi tenté d'expliquer nos moeurs occidentaux sans grand succès.
Après être revenu dans notre bureau, il m'a reposé la question "donc tu es d'accord pour rencontrer des filles ?" Là, j'ai abandonné, il n'avait rien compris... Et il a ensuite passé les 20 minutes suivantes au téléphone ou à envoyer des textos, je pense qu'il me prépare une soirée partouse avec ses cousines... Trop de la balle !
M'enfin, si au moins j'arrive à me faire quelques soirées avec des chinois c'est toujours ça de pris. Il faudra juste éconduire gentiement les prétendantes trop zélées...
Vint ensuite le repas où je n'ai pas dit un mot et où personne ne m'a parlé. Je l'ai donc expédié en 15 minutes puis suis retourné travailler en faisant un détour par un petit marchand pas loin du labo histoire de me payer une glace (fondue-recongelée) pour me remettre de tant d'émotions pendant le repas. En début d'après midi, je suis allé chercher à l'imprimerie de la fac des cartes de visites à mon nom avec mes adresses perso et professionnelles écrites en chinois et en anglais. Maintenant, je suis sur de pouvoir rentrer facilement chez moi en taxi, j'ai qu'à lui filer ma carte et hop, à la maison ! Dans le réduit de l'accueil de l'imprimerie, je me serais cru à Nature et découvert au rayon CD d'ambiance. Il y avait des bruits de grillons assez fort. Un CD ici c'est pas forcément gagné alors j'ai cherché et sur la table, 3 petits pots en plastique avec dedans des insectes géants (5-6 bons cm) qui devaient se plaindre et vouloir sortir et faisaient donc un potin d'enfer. Charmante ambiance...
Les chinois sont formidables ! Il suffit que tu leur dises que tu as un tout petit problème ou juste un truc qui va pas mais qui n'est pas bien grave et hop, il faut le régler tout de suite. Je crois vous avoir déjà parlé de l'ordinateur qu'ils veulent m'acheter pour ne pas que j'ai à transporter tous les jours mon laptop sur mon dos; de l'imprimante qu'ils pensent acheter parce que l'informaticien est un benet et n'a pas envie de me connecter au réseau; du taxi qu'ils sont prêts à me payer si jamais il pleut trop etc. J'en ai comme ça tous les jours.
Vendredi, j'ai dit à Xie Xin que le portable qu'on m'avait filé ne marchait pas et qu'il faudrait que j'en trouve un autre. Dans la minute qui suivait il était sur le net à chercher des portables et me demandait quel portable je voulais parce qu'on pouvait aller tout de suite l'acheter. Oulà vas-y moelleux mon gars... 1) j'en sais rien quel portable je veux et 2) on est pas pressé à la minute... Et aujourd'hui, j'ai eu le malheur de lui dire que j'avais des pb de son sur le laptop. Immédiatement, il était libre et connaissait l'endroit où aller. Au cas où il connaisse un petit revendeur pas cher, je plie mes affaires et je le suis. Finalement, on se retrouve au surcouf' du coin où on reste pendant 1h30 pour qu'ils nous disent qu'ils pouvaient rien faire pour nous (ça, je m'en doutais).
Enfin voilà... tout part d'un bon sentiment mais il faut que tout soit réglé dans l'instant. Ils m'épuisent... Je vais finir par n'avoir plus aucun problème et être marié en france moi si ça continue comme ça. Au moins, j'aurais la paix.
De retour chez moi, je me retente le lard salé mais pas bête, je le coupe d'abord en plus petits morceaux et je le fais tremper dans de l'eau pendant une heure, histoire de le désaler un peu. J'ai bien fait, c'était toujours à la limite de l'infame mais mangeable cette fois... J'ai bien fait de retenter le coup...
Sur ce, bonne nuit !!!
Berceuse du soir : Bonne nuit, bonne nuit, c'est l'heure d'aller au lit, nous vous souhaitons de beaux rêves c'est le cinéma gratuit...
j'ai oublié de vous dire !Je me plains souvent du froid depuis que je suis ici et franchement, vu de loin, je ne devrais pas... Si on regarde juste la météo, il fait entre 8 et 16°C tous les jours depuis une semaine, c'est supportable. Le matin, je suis même en t-shirt pendant une heure ou deux parce que mon bureau est au soleil. Mais quand vient la nuit (à 16h30 environs) il pèle grave.
Mais le pire reste à venir ! ça y est l'hiver arrive ! Prévision météo pour la fin de semaine : entre -3 et 8°C !!!!!! Pourquoi j'ai pas emporté mes Damarts ???!!!???
Mais je viens de trouver un truc infâme qui pourrait se rapprocher (de loin) au truc que j'ai mangé : la sylvinite !
Bon ok, il faut être connaisseur mais en gros, c'est un mélange de sel et de potasse. Je fais le coup chaque année aux étudiants pour leur faire comprendre qu'un caillou c'est bon, ça peut se lécher et ça peut aussi avoir du goût... Et chaque année, je léchouille avec le sourire un petit bout pour leur donner l'exemple et pour que l'un deux se fasse avoir en y allant confiant (je sais, je suis sadique) et déjà le gout me reste pendant un ou deux jours. Ben là, je crois que c'est moi qui me suis fait avoir...
Donc aujourd'hui, je voulais aller faire un tour en ville du côté du Pigalle de Shanghai (pour les non musiciens, à Pigalle il n'y a pas que des demoiselles courtement vétues) pour jeter un oeil sur ce qu'ils proposent comme instruments dans le coin et puis les heures s'écoulant avec quelques chats, un peu de ménage et la recherche de partitions sur le net, il était déjà trop tard. Je me suis donc rabattu sur des courses de bouffe du côté de la fac et la visite du supermarché en face de chez moi.
40 minutes de vélo, une heure de bousculade dans les rayons et me voilà avec de quoi vivre pendant 2-3 jours. De retour chez moi, je pars à la découverte du petit centre commercial et après après avoir murement réfléchi (...) je n'irais pas faire mes courses là. Peut-être y inviter les gens de passage à manger parce qu'il y a plein de resto mais sinon, ça ne m'a pas trop motivé... Et puis je suis un peu passé pour une bête curieuse pendant 20 minutes alors ça m'a suffit. Tous ces regards posés sur moi, j'aime pas trop ça moi qui préfère plutôt passer inaperçu...
Bref pour me remettre de tout ça, je me dis chouette, je vais manger autre chose que des nouilles pimentées ce soir, vite vite, faisons un peu de cuisine. Au menu pâtes au lard et au chou-fleur. Hum, ça s'annonce bien... Malheureusement, ça s'est mal terminé...
Petit aparté : ici, ils mangent tout à l'huile et au sel. Tous les chinois m'ont demandé si je cuisinais chez moi et si j'avais acheté du sel "très important le sel". J'ai effectivement acheter du sel, je n'en ai pas trouvé de petite taille comme chez nous alors j'ai pris un kilo (me connaissant, j'en ai pour au moins 4 ans avec ça et encore, en en faisant tomber de temps en temps).
Donc je prépare mes pâtes, je n'ai aucune idée de comment on cuisine le chou-fleur alors je le fais bouillir (j'ai pas dû avoir trop faux là dessus) et je me coupe des morceaux de lard que je fais revenir à la poêle histoire d'être sur que la bête est bien morte. Je me mets tout ça dans un bol, je prends mes baguettes (ah oui, même chez moi, je mange avec des baguettes) et me lance à l'assaut ! Sur le dessus, je me régale avec les pâtes et le chou-fleur (parfaitement cuit, trop fort le Seb !) et je me dis tiens si je me tapais un p'tit bout de lard qui est au fond ? Je mélange le tout, goûte un petit bout, pas mauvais, et me précipite donc sur un morceau plus gros. Et là, c'est le drame !!! J'ai jamais bouffé de ma vie un truc aussi salé ! Même la morue, les anchois et le gros sel ne sont pas aussi salés que ce bout de bidoche ! A vomir ! Ce qui est chiant, c'est qu'il m'en reste pour demain... Franchement, j'hésite...




