Au fil des jours

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Vendredi 7 juillet 2006
Je vous avais promis un récit allongé de mon dernier w-e, le voici. Pour ceux que ça saoule, je vous renvoie à la version abbrégée.
Une semaine que je suis rentré et j'ai l'impression que ça fait un mois tellement j'ai fait de trucs par rapport à la période avant mon retour en France. Je suis revenu motivé avec comme objectif de bosser un peu moins comme un fou et de profiter un peu plus de la vie hors du labo. Opération reprise en main du Bilou engagée, il était temps...

Pour cela, j'ai eu une grande aide : Meta-Julien. J'étais encore un peu décalé de mon retour que je me fais secouer en plein café à l'heure de la messe par un coup de fil. "Wei ! C'est Julien ! Ramène tes fesses chez les occidentaux, je te prépare un piscine, une balade et une soirée !" Même pas le temps de finir ma tasse, je pars avec de supers indications (tu traverses toute la ville, c'est au bout de la ligne 1 du métro après tu prends un taxi, au 3ème feu à gauche puis à droite c'est là). C'est tellement loin que son adresse n'est même pas sur mon plan, pourtant taille XXL de Shanghai. Qu'importe, je chope mon maillot et je suis parti.

Tous ceux qui connaissent le Bilou savent que même avec un plan, je me perds alors là, c'était sûr, je ne risquais pas d'arriver. M'en fout, je suis parti. Après un tour de pouss-pousse à bicyclette, j'arrive à la gare. Sur un doute je le rappelle pour me faire préciser le nom de la station. Et j'ai bien fait, parce qu'il s'agissait de la ligne 2 et non pas la 1. Bon là comme ça, ça parait pas grand chose mais pour ceux qui connaissent ça fait une sacrée différence.

Bref, après le métro, je prends un taxi qui ne connait pas la rue mais je lui dis quand même de partir et qu'on se débrouillerait sur place et peut être parce que la France venait de battre le Brésil, j'arrive finalement à bon port. Et là, je rentre dans un autre monde. Le gardien à l'entrée nous salut, la main sur la visière et nous entrons dans un dédale de charmants pavillons avec jardin, des enfants (blancs) qui courent partout. Un petit tour en moto et nous voilà à la piscine. Quel bonheur par cette chaleur. J'y retrouve sa femme, ses 3 enfants et Phillipe, un belge bien portant et bon vivant. Après avoir joué au sous-marin avec les enfants pendant une petite heure, on rentre chez lui manger. La baraque est superbe, tout confort. Ah bon? On peut vivre dans des trucs pareils à Shanghai ? J'ai des yeux de gamin, grand ouverts, je découvre un nouvel univers. J'ose pas toucher aux meubles, je me fais discrêt, je sais pas trop où me mettre. Bizarre...

Puis le chauffeur de Philippe vient nous chercher pour qu'on aille faire un tour dans une petite ville à l'extérieur proche de Shanghai. Une petite pagode sympa en bord de rivière, un endroit de tranquilité perdu au milieu de la ville bruyante. Puis balade dans les rues commerçantes autour. Là, c'est le spectacle. Des occidentaux déjà ça courent pas les rues dans le coin mais alors accompagnés par 3 jeunes enfants dont un blond et c'est l'attraction du mois ! Tous les 10m un nouvel attroupement se forme, tous les chinois, s'arrêtent de bosser, font des détours pour s'approcher des enfants, pour les toucher, pour nous demander si les 3 sont des mêmes parents etc. ça doit être lassant à la longue mais c'était bien drole sur le moment.

Chassés par la chaleur, on retourne à la piscine avant d'aller manger dans un resto sud-américain le soir. Et puis en plein repas, la proposition qui tombe : "On va se faire masser après ?" Bilou toujours trop sérieux : "euh non, moi, je vais rentrer". Et puis la question qui tue : "Ah bon, parce que tu as quelque chose de mieux à faire, on t'attend chez toi ?" Aller va Bilou, dessert un peu ton string, tu es là pour en profiter... Donc direction un salon de massage tenu par des aveugles.

Et c'est là que commence la soirée la plus douloureuse mais aussi la plus comique que j'ai jamais vécue. Installé dans un fauteil, chacun a sa masseuse attitrée. On débute par un massage des épaules pendant que nos pieds trempent dans du thé bouillant. Je commence déjà à me dire que je vais morfler parce que rien que le cou et les épaules sont complètement coincées et elles y vont pas avec le dos de la main morte !! C'est à peu près à ce moment qu'a commencé le concours entre moi et Philippe de celui qui aurait le plus mal... Moi j'avais pourtant un petite dame bien banale comparée à la championne de lancer de poids qui s'est occupé de Phillipe. Dès le départ, pour adoucir la viande, elle s'est mise à lui filer des grands coups de poings. Quelle poilâde !

On enchaine avec 30 minutes sur chaque pied à se faire masser tous les points qu'il faut. Tout va bien la plupart du temps jusqu'à ce qu'elles trouvent le point qui fait mal. Chacun à le sien ou les siens et on serre les dents où hurlent à tour de rôle. Dans la salle d'autres chinois sont là pour se relaxer mais je pense qu'on leur a un peu gaché le plaisir à force de parler et de rigoler. Mais les filles, sympa, prennaient soin de nous en nous demandant régulièrement "Tong pu tong ?" En gros "Mal, pas mal ?" au moins comme ça, j'aurais appris un nouveau mot à force de le répéter en m'empêchant de crier.

Puis on change de salle, les pieds comme du coton dans une paire de Moon Boots. On se retrouve
allongés dans la pénombre et en avant pour le corps complet. Un grand moment de bonheur mais aussi de douleur. J'étais vraiment tout coincé de partout. Dans mes pensées, j'entends soudain Philippe qui me hurle "Seb arrête de crier, la mienne est jalouse et à chaque fois que tu as mal, elle m'en remets une couche sévère !" Et c'était vrai, 3 secondes après mes gémissements, c'était à son tour de se tordre. Une fois le dos passé, moi ça allait mieux sur le reste du corps mais pour Philippe ça continait. Sa masseuse était presque montée sur lui, le martyrisant et lui criant : "Je t'aime bien toi ! Tu m'aimes bien aussi ?" Et paf, un coude enfoncé dans le dos avant même sa réponse. "Je t'ai pas entendu, tu m'aimes bien ? Tu veux pas que je vienne en Belgique avec toi ? Une hésitation dans sa réponse et bing, une grosse pression dans le bas du dos. Le pauvre. On était 6 (massés et masseuses) à se tordre de rire devant cette scène pendant que lui se faisait passer dessus par un rouleau compresseur.

On ressort de là, complètement claqués et moulus mais contents. Il est 00h30 il est temps de rentré mais il faut absolument que j'y retourne. Si ça a fait aussi mal c'est pas que les masseuses étaient mauvaises, au contraire, c'est plutôt que j'en ai besoin...
Bilan de la journée, découvert du monde des expats et bonne tranche de rigolade. Je signe où, ça me plait bien comme vie :-)

Le superflu


Ma Chine en photo ICI


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