Au fil des jours

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Beijing-Yunnan

Vendredi 21 juillet 2006
Pour ceux qui ne la connaisse pas encore, une petite présentation de Cathy. Je la connais depuis maintenant 5 ans, c'est une fille avec qui je partage énormément de choses et depuis notre rencontre, on se fait des films sur là où on voudrait aller, les pays, les villes, les lieux-dits qu'on aimerait visiter, les randos et trecks qu'on voudrait partager ensemble etc. Mais jusque là, à cause de nos emplois du temps respectifs, à part une petite semaine par-ci, un w-e par là pour aller découvrir un coin de France, on restait un peu sur notre faim de voyages en commun.

Enfin libérée de sa thèse (vous pouvez l'appeler Docteur Cathy dans vos commentaires), voilà l'occasion qui se repointe ! Tout de suite, le cerveau se met en marche, où aller ? Etant en Chine, ça sent l'Asie. En route pour le Népal ! Fausse piste, pas bonne période apparemment, trop de pluie. Fuir la pluie ? Pas de problème, allons en Mongolie ! Non, finalement, trop chaud et puis de ce qu'on a réussi à trouver sur le Net, peu de jolies villes et beaucoup de trajets sur route avec location de véhicules dès qu'on veut bouger donc aie le porte-monnaie.

Finalement, après une recherche "intensive" sur le Net (merci Google) Cathy s'embale pour le Yunnan. Minorités ethniques, paysages superbes et culture plus proche du Tibet que de la Chine. Il me faut à peu prêt 3 secondes (le temps que la page internet se charge) pour être tout aussi motivé par la destination. En route pour 3 semaines de Yunnan !

Les préparatifs sont un peu tendus, mais on nage sur des flots d'incompréhension et de non-dits (pas facile d'un bout à l'autre de la planète). De mon côté, j'ai l'impression qu'elle se démotive, qu'elle profite de ses vacances, qu'elle ne fait pas gaffe aux mails que je lui envoie (auquels elle ne répond pas souvent), etc. Et puis je flippe un peu, nous ne sommes jamais partis aussi longtemps ensemble et j'ai peur qu'on se prenne la tête assez vite. De son côté, après m'avoir engueulé au départ parce que je ne semblais pas m'intéresser au programme du voyage et aux infos qu'elle me transmettait, elle a maintenant peur d'être complètement cloisonnée dans un programme préparé et fixé à la seconde prêt.

Il fût un temps où c'est ce que j'aurais fait, un programme bien ficelé, ne craignant aucune surprise. Mais dès le départ, j'ai su que ça ne marcherait pas comme ça. D'abord parce qu'on est en Chine et que rien ne peut être plannifié ici, il y a toujours des impondérables tel que l'impossibilité de réserver des places en dortoirs en haute saison... J'ai tout de même les billets d'avion et je sais où on va loger pendant la première semaine mais pour les autres jours, les déplacements et les balades, on improvisera !

Au programme : Beijing puis Zhongdian (ou Shangri-la, ou Xianggelila), Lijiang, Dali et Kunming
Par Sébastien
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Samedi 22 juillet 2006
Nous étions deux à faire ce voyage. Dans la mesure du possible nous vous présenterons donc deux visions différentes des mêmes évènements.

Premier jour. Plutôt que de venir me rejoindre à Shanghai, ville sans grand intérêt touristique, c'est moi qui vais rejoindre Cathy à Pékin. Petite frayeur, nous n'avons qu'un vague point de rendez-vous au stand Air-France et sinon à part l'annonce au haut-parleur de l'aéroport, pas trop de moyen de se retrouver. Arrivé un peu en avance, je la chope finalement à la sortie de son avion. Elle disparait déjà sous la taille de ses sacs de voyages. C'est un peu de ma faute, je l'admets, parce qu'elle m'apporte mon nouvel appareil photo que je n'avais pas reçu avant de revenir en Chine. Elle est défaite, pas beaucoup (du tout) dormi, mais a le sourire et est semble prête pour entamer à fond les ballons cette première journée !

Me voici en Chine pour trois semaines de grande découverte de ce pays … « découverte » est un bien grand mot quand on pense à l’immensité de ce territoire ! Disons donc plutôt qu’en presque un mois, je n’en verrai qu’une infime partie : Pékin et le Yunnan. Je ne peux pas vraiment dire que la Chine soit une destination et une culture familières. De la Chine, je ne connais que les habitants du 13ème arrondissement de Paris… C’est un peu limité tout de même, malgrès le fait que déjà là, je trouve qu’il y en a beaucoup…

C’est donc avec une bonne dose d’angoisse que j’ai embarqué hier soir sur le vol AF 126 au départ de Paris pour un vol de 9 heures et quelque à destination de Pékin. Je dois bien reconnaître qu’entre deux crises de vomissement de mon voisin de devant, cette destination m’est apparue au cours des heures de plus en plus « aventureuse ». Peut-on encore vraiment parler d’aventure de nos jours juste parce que on part à Pékin ? Je ne crois pas mais dans mon référentiel et après quatres longues années cloitrée dans mon labo pour accoucher d’une thèse : et bien oui !!!!!

Pékin… Beijing… ça fait rêver quand même !!!!

Le premier contact m’a impressionnée : le monde, les parapluies, le bruit, les buildings et la conduite des taxis…. Les sites touristiques, sans doute parmi les pires en matière de clichés, m’ont soufflée : la Cité Interdite (qui ne l’est plus du tout maintenant vu le monde qu’il y a ! Et que des Chinois !!), la place Tien ’an men et le portrait de « Machin » (je refuse de dire son nom mais tout le monde aura reconnu l’homme qui a fait tuer tous les pigeons comme ça parce qu’il en avait envie). Ce gigantisme m’a jetée par terre.

Mais (et oui il y a toujours un « mais ») au-delà de la beauté et de la majestuausité de ces lieux, ce qui m’a le plus touchée, c’est le contraste avec les petites rues qui se trouvent tout prêt, juste cachées derrière et qui offrent un décor bien différent... L’atmosphère y est bien plus modeste voir pauvre … et plus chaleureuse.

Le peu que j’ai vu de Pékin le premier jour m’a donné une impression de façade dorée avec de grandes avenues modernes, des immeubles plus hauts les uns que les autres et un envers du décor qui doit être bien plus proche de la vie des chinois… pauvre !


C'est parti pour un deuxième tour à Pékin pour moi. Mais cette fois-ci, il fait chaud, très chaud sur la Place Tien 'an men. Le moindre coin d'ombre est pris d'assaut. Les groupes de touristes chinois tourbillonnent autour de nous. Faciles à reconnaitre ces chinois, ils suivent un guide qui hurle dans un haut-parleur et qui agite un petit drapeau, ils portent tous le même t-shirt de couleur et surtout, ils ont l'indispensable !! Si vous voyez de loin un troupeau de parapluie, c'est forcément un groupe de chinois en visite. Ici le parapluie reste ouvert toute l'année, pour la pluie, pour le soleil, pour faire joli, parce qu'on a oublié de le replier...

Trop chaud sur la place, on se glisse à l'intérieur de la Cité Interdite pour y trouver un peu d'ombre. On s'y perd, je découvre de nouveaux endroits que je n'avais pas vu la dernière fois. C'est toujours aussi beau, toujours aussi bien refait, repeint et redoré. Même si ça claque un peu trop pour moi, c'est vraiment impressionnant tout de même.

Sur la fin d'après midi, nous sortons de là, ça suffit pour la première journée de visite, passons aux choses sérieuses : se faire tous les babioles shop du coin !!  :-)    Et là, quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que tout le monde se déguisait. Les petits, les grands, les très grandes mamies rock n' roll avec d'autres très grands qui les prennent en photo et tous les autres. ???? Queouaah ???? Allons nous rester en short ou bien devons nous nous fondre dans la masse ?
La réponse n'a pas été longue à venir.... Yi... Er... San... Snap !

Merci de la visite et en sortant n'oubliez pas d'acheter votre pendantif porte-bonheur fraichement lavé dans l'eau de...
Par Sébastien
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Dimanche 23 juillet 2006

Comme cadeau de bienvenue, Sébastien a tenu à ce que nous allions visiter la Grande Muraille le lendemain de mon arrivée… Bon j’étais d’accord dans la mesure où d’après ses dires, c’était une « ballade de papi »… Réveil à 6 heures du matin, pas de petit dej et hop ! en voiture pour 2h30 de route jusqu’à la Muraille.

Evidemment, là encore c’est un site touristique digne de la Tour Eiffel à Paris … mais pour montrer que nous ne sommes pas des rigolos, nous avons choisi la version « Treck » de cette ballade : 3 heures de marche pour passer 28 tours pas restaurées… ça fait pas un peu aventuriers ça ?! et puis pas de casse croute sur nous ! pour quoi faire ????

Un véritable enfer : des marches, des milliers de marches, des hautes, des courtes, des de travers, parfois il n’y en avait pas, parfois il y en avait trop… ça monte à pic, ça descend pareil… entre nous, je ne sais pas comment un papi peut faire ça….

J’ai dit qu’il pleuvait aussi ?

Peut importe les douleurs et la faim, je n’ai jamais vu de spectacle aussi beau de ma vie ! cet énorme mur qui ressemble à un serpent infini s’étire à perte de vue séparant la Mongolie intérieure de l’Empire du Milieu…. Mais là je m’égare…

Tout au long de notre promenade de santé, nous avons croisé de petits marchands ambulants qui font partie intégrante du paysage chinois. Nous nous sommes d’ailleurs fait accompagner une bonne partie du chemin par une petite paysanne mongole adorable qui comptait bien entendu nous vendre quelque chose (elle a réussi… hum !). Elle ne ressemblait en rien aux chinoises que j’avais croisées par centaines la veille à Pékin. Elle avait la peau brune, l’œil plus en amande et dégageait une bonne odeur aigre… hum ! la campagne chinoise….

Je me demande ensuite comment nous avons fait pour arriver entiers à Pékin. Notre trajet du retour a été entre la vie et la mort. Les chinois sont les pires conducteurs que je n’ai jamais vus ! pires que les Grecs ! c’est pas peu dire !!!!! Sur deux voix, on se croise à 4 voitures, les dépassements se font de préférence dans les zones de non visibilité et, comme pour masquer les claquements de dent des passagers qui sont déjà morts de trouille, ils klaxonnent comme des malades ! Il est certain que les conducteurs chinois semblent maitriser leurs véhicules mais les passagers eux, ne maitrisent pas leur peur ! A moins d’être chinois…


Que dire, j'ai honte... Je l'avoue, j'ai un peu menti... C'était pas vraiment pour les papys... Je comprends pas comment elle a fait pour ne pas me sauter dessus et m'étriper entre deux tours. Je l'aurais mériter. Mais bon, je me suis fait avoir aussi, je nous croyais en forme et tout à fait capable de surmonter cette épreuve. On a eu du mal quand même... Et moi, je faisais mon fier. Mais non, j'ai pas mal, tout va bien... Tu parles ! T'es vraiment qu'un gros nullos Bilou !

Alors pour les détails techniques nous avons fait 10 km entre JinShanling et Simatai. 10 km à parcourir sur les 6700 que compte la muraille, 4h de marche, 28 tours. Notre hotel nous proposait le minibus pour nous y emmener à 110 yuans et il faut rajouter à ça 40 yuans pour entrer sur le site et 40 autres que l'on doit payer au milieu si l'on veut poursuivre (ils sont fourbes ces chinois, si tu ne payent pas, ils ne te laisse pas passer et donc seule solution, faire demi tour pour revenir au point de départ là où aucun bus ne t'attend évidement... Donc, tu payes).
Je dois dire que je m'y suis pris comme un manche. Je savais que Cathy était jet-lagged, qu'elle serait donc bien creuvée et en plus j'ai réservé le tour la veille au soir, ce qui fait qu'on a pas eu le temps d'acheter de quoi manger le matin. Pour le midi, on a réussi à se trouver un paquet de gateau et un de chips mais c'était un peu juste, limite inconscient. Pour l'eau, pas de problème, on en trouve tout au long du chemin, les petits paysants du coin nous la monte bien glacée, reste plus qu'à marchander un peu le prix et tout va bien.

On nous a donc déposé à Jinshanling en nous disant "dans 5h, rendez vous là bas, bon courage". Super mais comment on sait à quelle vitesse il faut marcher pour la faire pénarde cette balade ? Sans indication, on est parti à fond, enfilant les tours, transpirant comme des petits porcelets mignons, souffrant des jambes en manque de sucre et de sport. Au final, on l'aura fait en 3h30, un truc du genre, dégouttés d'avoir été aussi vite au départ. Si vous voulez le faire, aller donc tranquilou sur la première moitié qui ondule fortement et fait bien mal aux jambes. Une fois passé le péage du milieu, c'est plus facile et ça "descend"...

Malgré cela, la pluie, les touristes et les cris de Cathy qui m'a maudit à chaque marche, ce fut splendide ! La muraille à Badaling m'avait déjà impressionnée mais là, elle n'est pas retouchée, elle se dresse ou s'effondre pour de vrai et c'est magnifique. Un vrai dragon ondulant dans la brume et les nuages de pluie qui nous ont accomagnés. ça rendait la chose encore plus irréelle...

Le retour a été plus que chaotique. Le chauffeur nous a fait une démonstration de tout ce qu'un chinois au volant pouvait faire. Dépassement au sommet des bosses dans un virage, sortie de l'autoroute au dernier moment parce qu'il a pas réussi à doubler sur la droite, qu'à cela ne tienne, il prends une petite rue parallèle et tente sur la route défoncée d'aller aussi vite que sur l'autoroute. Quelques kilomètres plus loin, on le prévient qu'il y a un accident et il veut donc l'éviter en prenant les routes de campagnes. Pas de bol, des centaines d'autres ont eu la même idée et il se retrouve à slalommer entre les voitures pour gagner un place puis deux. Il y a du monde sur le pont, pas de problème, on doublera en passant par le ruisseau (!!!). Que du bonheur ! Et avec ça, une américaine assise à la place du mort qui lui lançait des "vas-y mon coco, c'est toi le meilleur, tu vas tous les bouffer". Le corbeau ne se sentant plus de joie passa donc la troisième et manqua d'écraser un gars qui bossait au bord de la route.

Bref, on est rentrés vivants et fatigués, les jambes seront complètement inefficaces pendant les 3 jours qui suivront mais que de souvenirs...

Par Sébastien
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Lundi 24 juillet 2006
Youpi ! J'ai enfin trouvé quelqu'un qui, une fois lancé, écrivait plus que moi :-)
Découverte de Pékin, journée 3, le récit de Cathy :

L’aventure de cette journée aura été de prendre la métro pour aller au Palais d’Eté au nord de la ville !

Bon d’accord, je peux bien l’admettre, je ne pouvais plus bouger mes jambes sans que mes cuisses me rappellent la Grande Muraille de la veille… Et puis Seb avait beau faire le fanfaron, l’air de dire « ben alors ma grande ! il faudrait que tu te remettes au sport parce que ta condition physique laisse à désirer !!! Regardes, moi je fais de l’escalade… pas de courbatures !!! Hop hop hop, pas de problèmes !!!! »… Je l’ai vu grimacer discrètement quand nous marchions !!!! Ah ! il est beau le sportif du dimanche !!!! Il fait deux pauvres séances d’escalade et il se prend pour un tueur !!!!

Bon, mais ce n’est pas le sujet….

Le métro de Pékin : je ne l’ai pas trouvé tellement différent de celui de Paris, si ce n’est qu’il est bondé de chinois (j’ai fait de longues études pour en arriver à cette observation…), que les trajets entre deux stations sont six fois plus longs et qu’il y a une petite madame qui beugle des trucs en chinois en continu.

Nous sommes tout de même arrivés à destination après un véritable parcours du combattant : tout d’abord, un petit tour en taxi pour atteindre la bouche de métro, ensuite le métro et pour finir… encore 20 minutes de taxi ! Dire qu’en arrivant à Pékin, avec Seb, nous nous étions penchés au dessus du plan de la ville et en bonne parisienne, je m’étais écrié : « on y va à pied, comme ça nous aurons un aperçu de la ville ! » Evidemment, il s’était étouffé de rire et dans mon fort intérieur, je m’étais un peu vexée…. Mea culpa ! Après tout il sait mieux que moi, il est chinois lui maintenant !!!

Durant notre trajet vers le Palais d’hiver, nous avons traversé des quartiers atroces, peuplés de grandes tours toutes délabrées qui donnaient sur des routes à 4 voies bondées de voitures. Et au milieu de cette grisaille, après avoir passé un grand porche, nous sommes entrés dans un monde à part, pas un bruit, pas une voiture. Une oasis de verdure avec un énorme lac en plein milieu. Whaw  le choc !

Il apparaît clairement quand on arrive au Palais d’Eté que le gigantisme chinois ne date pas d’hier. Déjà la « grande » muraille est un euphémisme, mais là, je suis restée bouche bée devant cette « mer » en plein milieu de Pékin, sur laquelle voguent des centaines de petites embarcations et donc des centaines de chinois…

La première stupeur passée, mon impression sur ce lieu a été mitigée, j’avais le sentiment d’arriver dans un Disney Land à la chinoise : trop artificiel, trop de monde, trop d’attractions de goût moyen et trop de babioles-shops. Il m’a fallu plusieurs heures de rando pour me laisser séduire par cette « ville dans la ville », mais le charme a finit par opérer. Surtout en fin de journée, nous avons eu droit à notre premier concert de musique chinoise (sans doute la plus digeste de tout le séjour !). Mais le plaisir fut de courte durée parce que dès la fin de cet intermède musical, une pluie diluvienne s’est abattue. J’ai rarement vu autant d’eau tomber du ciel et des autoroutes suspendues… Les rues de Pékin se sont transformées en un rien de temps en rivières mais les cyclistes ne se laissent pas démonter, ils continuent à circuler calmement sur leurs vélos qui semblent être amphibies. C’est lunaire comme spectacle…

La Chine me semble être le pays de la démesure… même le nombre de serveurs dans les restaus est exagéré. Il y a quasiment un serveur par table qui passe presque tout le repas scotché à côté de toi et qui te regarde bouffer. A peine il t’a donné la carte qu’il te demande ce que tu veux manger alors que tu n’as même pas commencé à lire. C’est assez particulier comme ambiance, limite gênant mais on s’y habitue (enfin il parait).

J’allais oublier… la petite blague du jour ! Un des taxis que nous avons pris a fait une marche arrière en plein déluge, sans visibilité sur l’AUTOROUTE !!!! C’est promis, je n’aurai plus jamais peur en voiture !!!

Pas grand chose à rajouter à cela à part peut-être un petit coup de gueule sur le temps depuis qu'on est à Pékin. On a cramé le premier jour sur la place Tien 'an men et depuis, on joue à cache cache avec la pluie et le brouillard. Ce palais d'été a certes quelques endroits magiques mais dans la brume, c'est pas génial.

M'enfin, drole d'endroit ce palais d'été... Une fois passé le lac avec les innonbrables chinois qui sont venus uniquement pour la photo devant le pont et faire un tour en barque, il suffit de se perdre un peu pour découvrir des batîments pour tous les goûts, sans trop de monde (trop fatiguant surement, il faut monter sur une colline). Dans les bois, c'est assez agréable, on se détend et l'esprit se libère... A midi, on a un peu tourné pour trouver de quoi manger. Que faire, un paquet de chips et des gateaux secs comme hier sur la muraille ? Mof... Suivons plutôt les cris des chinois qui se ruent sur un petit stand. Premier repas "barquette" pour Cathy.

A propos de touristes chinois, je vous parlerai des différences entre eux et nous plus tard, et vous conterai leur art de la pause ridicule, photos à l'appui. Pour le moment, juste une introduction... Lorsque nous sommes arrivés, Cathy l'a dit, nous avons cru nous retrouvé dans un parc d'attraction avec des milliers de chinois se prennant en photo devant le lac ou naviguant sur des pédalos. Nous on ferait ça pour déconner, eux, ils prennent ça très au sérieu. Leur vie tournant autour du bien-être, de la santé, de la nature etc, il est essentiel de vivre en harmonie avec la nature et donc de se prendre en photo dans les arbres ou une fleur à la main ou encore de faire un tour de bateau. En revenant à l'hotel, nous avons discuter avec une guide chinoise qui, une fois avertie que nous avions fait le Palais d'été, nous a immédiatement posé une question (ça aura été la seule à propos de ce lieu) : "et vous avez fait du bateau ?". Elle avait les yeux qui brillaient d'excitation rien qu'à l'idée... Je crois qu'on l'a déçue....

PS : nous avons rencontré notre premier ami du séjour. Il y en aura plein d'autres des comme ça !

Par Sébastien
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Mardi 25 juillet 2006

Beijing jour 4, récit de Cathy, découverte des Hutongs et balade dans la ville.

Et plein d'images pour illustrer tout ça !


Dernier jour dans cette ville et nous avons choisi (on n’a pas eu le choix en fait… nous étions sur les rotules !) de lever le pied. Au programme : le matin les Hutongs et l’après midi la lamasserie de Pékin (c’est déjà pas mal !).

Ce qui la veille nous était apparu comme étant une aventure périlleuse s’est transformé rapidement en routine : nous avons passé la journée dans le métro ! L’avantage c’est qu’au moins aucun chauffeur de taxi n’a pu essayer de nous tuer !

C’est donc après une nuit courte que nous devons aux plaisirs des auberges de jeunesse, que nous avons pris la direction des Hutongs sous un ciel bien gris. Littéralement, mon traducteur de chinois (Seb), m’a dit que ce terme signifiait « ruelle ». Il s’agit en fait des vieux quartiers de la ville qui sont en voie de disparition, lentement grignotés par les constructions modernes.

Au delà d’une vieille ville, en réalité, c’est un autre monde (encore un !) et un autre temps. Comme pour les autres sites que nous avons visité, il suffit de traverser une grosse rue pour se retrouver dans une ambiance calme, coupée du brouhaha de la ville moderne.

Ces ruelles serpentent entre de petites maisons traditionnelles grises. Les habitations semblent vétustes, avec des petits airs de cage à poule : pas d’eau courante, sol dans un sale état et détritus en plein milieu de la rue, jetés par les fenêtres. Les toilettes publics, qui se repèrent facilement à l’odeur (pas besoin de savoir lire le chinois), servent de salle de bain et WC aux habitants de ce quartier. Une fois la surprise passée et le nez habitué aux effluves raffinées, on découvre les gens. Ils vivent dehors : le boucher coupe sa viande quasiment à même le sol, quelques mètres plus loin une jeune fille se lave les cheveux dans une bassine sur le même trottoir, encore un peu plus loin on tombe sur deux mamies en pyjama qui papotent sur le pas de leur porte, non loin d’un gros tas de déchets…j’aimerais dire que j’exagère et que j’ai un regard de petite parisienne qui a besoin de ses 4 douches par jour et de désinfecter tout ce qu’elle mange… c’est pourtant ce que j’ai vu !

Malgré ces conditions de vie pour le moins misérables, ces habitants ne veulent pas quitter leurs maisons et leur vieux quartier, toute leur histoire est là ! je pense que malheureusement le gouvernement ne leur laissera pas le choix. Déjà quand on s’élève un peu et qu’on observe cette petite enclave, on voit des parties détruites, des tentes militaires qui donnent une impression de camps de réfugiés… et à quelques mètres de là, les grues commencent leur boulot pour ériger une grosse tour à la place.

J’ai été très impressionnée par ce quartier, je lui ai trouvé un charme triste mais un charme quand même !

En plein milieu des Hutongs se dressent deux tours de l’époque Mongole (XIIIième siècle si je ne me trompe pas) : celle de la Cloche et en face celle des Tambours. Evidemment, à part une cloche et des tambours, qu’est ce qu’on trouve dans ces tours ???? DES ESCALIERS !!!! (Petit zoom) Elle est là la torture chinoise : dans les escaliers !!!!

Bref, point de vue magnifique quand même et vu d’en haut, la destructions des vieux quartiers au profit du progrès sont frappants.

Après un repas très très très très très très très épicé nous nous sommes dirigés vers la lamasserie de Pékin. La première lamasserie de toute ma vie… séquence émotion ! (je tiens à préciser pour les personnes comme ma mère, que c’est un lieux de culte et non une ménagerie). Je ne vais pas m’amuser à la décrire, les photos parleront d’elles même.

Notre journée s’est terminée sous des torrents de flotte …


Je reprends la main pour compléter ce récit de quelques lignes. La lamasserie (Yung He Gong) est située au nord-est de la Cité Interdite. Comme nous étions dans la coin, nous avons décidé de faire un petit détour par là (en vrai, Cathy était prête à me faire un caprice si on y allait pas).
A l'entrée, pas de ticket classique mais un mini-CD !! Trop tendance les lamas ! On se dit chouette, un peu de musique tibétaine, ça nous fera des souvenirs pour se souvenir de tout ce qu'on est sensé voir dans quelques jours au Yunnan.
De retour à Shanghai, je me suis jeté dessus, prêt à me replongé dans la zen attitude. C'était sans compter que les lamas de pékin sont aussi chinois avant tout et qu'ils ont une autre façon d'envisager le tourisme et les souvenirs. Donc pas de musique sur le CD, simplement une visite en chinois du site. L'image date au moins du début des années 80 et la qualité ne vaut même pas celle de votre meilleure cassette VHS que vous avez regardé 728 fois et dont l'image est devenue, à force, aussi pourrie que le son. Belle déception... Par un bel effet de la technologie, le film est passé en boucle alors sans faire gaffe, je l'ai regardé 2 fois...
Voilà pour l'anecdote et voilà pour les photos :
Le temple : Ph1, Ph2, Ph3, Ph4, Ph5, Ph6, Ph7
Les thuriféraires : Th1, Th2, Th3, Th4

Par Sébastien
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Mercredi 26 juillet 2006

Aujourd'hui, récit cumulé de nos impressions, la trame est écrite par Cathy, complétée par mes soins :


Ah ! Enfin le Yunnan…. Le voyage depuis Pékin a pris une journée complète en avion avec une escale à Kunming au milieu. Dire que nous avons failli ne pas faire le trajet du tout….

Emotion non prévue au départ : notre vol Beijing-Kunming a 3h de retard ce qui signifie que nous arriverons 2h après le décollage de notre correspondance Kunming-Zhongdian (appelée aussi Shangri-la ou encore Diqing…) ! Hum… ça commence bien ! On se fait prendre en main par un gars de China Eastern qui nous dit qu'il a peut-être un autre vol à 12h30 et qu'il nous met en liste d'attente. A 12h01, il nous fait signe et nous ordonne sèchement "Follow this guy ! Quick ! Quick !". Notre chariot s'affole alors et nous le suivons dans l'aéroport.


Finalement nous arrivons à nous faire enregistrer sur un vol China Airlines, un quart d’heure avant le départ de celui ci. Abandon du chariot, mise à dos de nos gros sacs, que nous n’avions pas mis en soute (super sécurité, Cathy avait des ciseaux et autres objets dangereux dans son sac mais ça n’a posé aucun problème), et traversée en courant (Cathy : ça tombait bien j’avais encore mal aux jambes) de tout l’aéroport. Nous sommes arrivés les derniers dans l’avion, les portes se sont fermées juste derrière nous et le temps de rejoindre nos places tout au fond de l'appareil et de caser nos sacs où nous pouvions, nous avons été l'attraction pendant 5 bonnes minutes... Qu'importe, nous sommes partis !


Arrivés à Kunming, on se retrouve bien ennuyés avec nos bagages et nos billets griffonés et post-ités de partout à cause du premier vol. Que doit-on faire ? Se retaper tout l'enregistrement ou simplement transiter. On opte pour l'option on fait les neuneus, on transite et on demande à un brave chinois. Brave mais perdu. Il use les piles de son talkie-walkie, nous place dans une salle d'attente pendant 15 minutes sans plus d'explications puis nous refile à une collègue qui nous sert de guide à travers l'aéroport jusqu'à la nouvelle porte d'embarquement.


C’est donc après une bonne journée de stress et lessivés que nous avons atterri dans un tout petit aéroport au milieu des montagnes et rien d’autre. 20 petits degrés et ciel dégagé, calme : le bonheur. Evidemment, devant l’aéroport, pas de taxis, ça aurait été trop simple ! Que des voitures normales avec des personnes proposant leurs services pour vous emmener en ville. Les prix étaient bien entendu déterminés à partir de la couleur du client. Hou ! Ça sent l’arnaque !!!! Finalement, et je n’ai toujours pas compris pourquoi, deux chinois qui venaient d’arriver par le même vol, nous ont proposé du co-voiturage à un tarif plus que raisonnable. Le chauffeur était furax. Sur le trajet jusqu’en ville, l’émerveillement a commencé. Des paysages de campagne superbes, parsemés de grandes fermes blanches. Première surprise : les chinois qui étaient avec nous ont demandé à Cathy si elle était indienne… : « Non ! Moi visage pale : faguo !!! ». Cette question sera la première d’une longue liste pendant le séjour et aussi de nombre de regards de chinois perplexes sur ses origines…


L’arrivée sur Zhongdian, nous a un peu angoissés, la ville moderne est moche comme toute ville moderne qui se respecte… par contre, le cœur qui est resté dans le style traditionnel est absolument magnifique. C’est une ville dans le plus pur style tibétain avec des ruelles pavées (au mieux), des maisons en bois et des habitants en tenues traditionnelles de leurs ethnies. Whaw !!!! On ne sait plus où donner de la tête et des yeux. C’est un vrai village de montagne, on kiffe grave !!! Ça sent le bois coupé, le feu de bois, la ferme … l’idée, c’est que même à l’intérieur des habitations, cette odeur existe ajoutée à un vieux relent de lait.


On ressent quand même le début de l’essor du tourisme, beaucoup de maisons sont en restauration, les petites boutiques fleurissent partout. A en croire des touristes français que nous avons rencontrés et qui venaient du sud de la région, Zhongdian vit sans doute ses dernières heures d’authenticité avant l’invasion du tourisme à la chinoise. Nous verrons donc l’évolution de cette ville en continuant notre voyage vers le sud. Pour le moment, on en profite, on fait les boutiques. Nous adopterons ce rythme pour toutes nos autres étapes. Premier jour, approche de la ville et babioles shop, après, on fuit le monde !!


Première soirée dans le Yunnan : bon mal de crâne à cause de l’altitude (on est quand même à 3300m alors marcher ou parler, il faut choisir !!!). Premier repas dans un resto typique. Petit thé au chaud face au poele (et oui, on est fin juillet, nous sommes en polaire et le feu n'est pas de trop) et diner à base de Yack. Gros dodo dans une chambre à 10°C sur une planche et couverts d’une couette aplatissante. Tu crois que tu vas avoir froid et en fait, elle est tellement lourde que tu peux plus bouger une fois dessous.


Par Sébastien
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Mercredi 26 juillet 2006
Quelques petits mots sur notre quotidien dans le Yunnan (par Cathy) :

J’ai découvert le thé noir du Yunnan, communément baptisé par nos soins : la bouse de vache. Je ne sais pas quel est le secret de préparation de ce thé (et je ne veux pas savoir pour épargner mon estomac de toute émotion…) mais il en existe différentes catégories qui ont toutes en commun cette odeur de « cul de vache » (dixit Bilou qui a l’air de s’y connaître en odeurs de la ferme) plus ou moins accentuée. Cependant, je rassure tout de suite le lecteur, le goût n’a rien à voir avec la fragance. Je suis aventurière à mes heures perdues mais il ne faut pas exagérer non plus !
Le seul (et je dis bien le SEUL pour clouer le bec aux éventuels petits rigolos qui auraient des idées mal placées) moyen de se réchauffer le soir est d’en boire des litres et c’est ce que nous faisions, collés au seul et unique poële de l’auberge dans laquelle nous logions.

Mais puisque j’en suis à parler des odeurs, je vais faire une petite parenthèse à ce sujet, parce que c’est un fait assez marquant de ce voyage en Chine. Sans vouloir généraliser et en me basant sur ma toute petite expérience dans ce vaste pays, je me permets de déclarer que la Chine pue. Les premiers jours, ça surprend puis on s’y habitue. A tel point qu’un matin, à moitié endormie, le nez au dessus de mon petit dejeuner (pour une fois on en prenait un... mais j’en parlerai plus tard), j’ai déclaré avec la délicatesse qui me caractérise (ceux et celles qui me connaissent vont tout à fait reconnaitre mon style) au pauvre Bilou qui n’était pas mieux que moi (elle est un peu longue ma phrase...) : « tu sais je réalise une chose, c’est que finalement on s’habitue à tout, y compris à l’odeur de la merde au petit déjeuner ». cette odeur, ne venait pas de nos assiettes (ouf !), mais des WC juste à côté. Charmant non ?

Je vais maintenant rebondir sur notre « alimentation »... le terme est mis entre guillemets non pas parceque la qualité est remise en cause mais plutôt la quantité. Les chinois mangent beaucoup contrairement au vieux dicton que nous avons tous entendu quand nous étions petits et que nous ne voulions pas manger les choux de bruxelles qui refroidissaient dans nos assiettes, je cite : « pense aux petits chinois qui meurent de faim ». Les autochtones donc ... mangent tous plein de plats et de mets variés... pas de problème ! Non, le seul problème vient en fait du Bilou. Je ne sais pas quelle est cette nouvelle lubie mais Monsieur ne mange plus alors quand on voyage avec lui, on ne mange pas non plus..... Il avait commencé à me faire le coup sur la muraille de Chine mais ça ne m’avait pas mis la puce à l’oreille... Quelle naive j’ai fait ! Voici nos menus quotidiens au cours de notre séjour à Zhongdian :
- Matin : café (du Yunnan ! il y a autant à boire qu’à manger) et une sorte de « churros » cuit dans l’huile acheté sur la place du marché
- Midi : UNE galette à rien, UNE pomme de terre au piment et les jours fastes un épis de mais (les rations sont indiquées pour deux personnes)
- Soir : Riz au Yack ou au poulet ou vermicelles de pommes de terre…

Je vais oser, pour montrer que j’assume complètement mes actes et paroles, publier ici une phrase que j’ai eu le malheur de prononcer et qui a alimenté pendant des semaines les moqueries fourbes de Mr le Bilou : « Ici, les gens mangent beaucoup de pommes de terre, en effet, il y a plein de champs de pommes de terre dans la campagne ». Je sais que ma phrase est complètement dénuée d’intérêt et qu’elle est digne d’une bécasse ! et alors ? 1) elle montre que je sais reconnaître des pommes de terre dans la nature, 2) elle est pertinente dans le sens où elle donne une information concernant les habitudes culinaires des habitants du Yunnan. C’est quand même mieux que les « ah ! c’est énorme » ou encore « Oh ! cet endroit est intéressant » que mon compagnon de route égrénait à longueur de journée ! Tu parles d’une conversation !!!! Bon je ferme la parenthèse …

Mesdemoiselles, je vous recommande donc chaudement de partir en voyage avec le Bilou si vous avez quelques kg à perdre ! Avec moi, le traitement a été efficace, comme dirait la pub : c’est testé et approuvé
!


Droit de réponse :
Bon ok, j'avoue que je mange pas beaucoup beaucoup. Mon estomac, gavé de bouffe chinoise où tu perds 40 minutes par bouchée à faire le tri des arrêtes du poisson ou des os du poulet broyés par la hachette du cuisto, a un peu rétréci et je me contente de peu. N'empêche que la demoiselle, elle râle mais elle était bien contente d'avoir un peu perdu !

Et puis le Bilou, il est peut-être un rien affameur mais c'est aussi lui qui fini les plats de racines bizarres ou de fromage de yack quand la demoiselle sent que son estomac ne va tenir mais qu'il faut faire bonne figure quand on est invité, qui porte son sac quand il faut courrir dans les aéroports, qui offre son assiette en échange de la sienne parce que la commande ne correspond finalement pas à ce qu'elle voulait ou qui lave sa serviette parce qu'elle trouve qu'elle ne sent pas bon mais qu'elle a la flemme de la laver... Alors oui Mesdemoiselle, n'hésitez plus, partez avec le Bilou, j'ouvre une liste, inscrivez vous, vous ne devriez pas trop être déçues  :-) 
Par Sébastien
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Jeudi 27 juillet 2006

Première vraie journée à Shangri-la. La nuit fût à la fois fraîche dans la chambre et chaude sous la couette (Alors, heureuse ?  :-)  ). Le plus dur aura sûrement été la "literie" en bois… Moi, je suis un peu habitué car mon lit à Shanghai n’est pas ce qu’il y a de plus moelleux mais je pense que Cathy a un peu souffert. Entre deux gorgées de café, l’œil ensommeillé, elle me confira sa recette de pâté impérial "tu prends ta couette et tu te roules dedans comme ça tu as de la couette partout autour et c’est plus moelleux".

La "veille ville" de Zhongdian, presque entièrement refaite pour les touristes n’est pas très grande et on en a vite fait 4 fois le tour dans la matinée avec à nouveau la visite de tous les babioles shops déjà entrevus la veille. Cathy se fait presque arracher le bras par une mamie en costume traditionnel qu’elle vient de prendre en photo. La mamie, plutôt contente en fait et pas du tout belliqueuse, voulait simplement se voir et montrer sa bobine aux copines

Autour de ce centre touristique, on trouve une nouvelle ville à touristes en construction qui devrait doubler la superficie de l’actuelle vieille ville dans les deux ans à venir et de l’autre, la partie récente de Shangri-la avec son béton, sa pollution, ses camions et ses vélos, comme toute bonne cité chinoise qui se respecte.

Cette dernière partie ne nous intéresse pas et il y a trop de monde dans le coin à babioles alors nous préférons grimper dans les ruelles qui surplombent le tout. Première vision de la vie à la campagne. Maisons en torchis délabrées, animaux courant partout, hygiène plus que douteuse… Mais nous sommes aux anges. C’est un nouveau monde qui s’ouvre à nous. Des couleurs, des paysages, des sensations rêvés depuis des années…

L’après-midi sera consacrée à la visite de la grande lamaserie au nord de la ville. Pour y accéder, un petit tour dans un bus cassé de partout, le sol est percé, l’ouverture "automatique" des portes se fait en tirant sur une ficelle, en cours de route le chauffeur ouvrira une soute à sa droite donnant directement sur le moteur pour y rajouter de l’eau. Un grand moment ! Mais on arrive et c’est l’essentiel. C’est superbe !!

Sous un grand ciel bleu et un soleil éclatant à cette altitude (3300m) la lamaserie est éclatante. Quelles couleurs ! Des murs blancs et ocres, des toits gris, terre de sienne brulée et dorés. L’édifice est composé d’une multitude de temples. Il faut se perdre un peu pour les voir tous. Certains rénovés en côtoient d’autres plus anciens en piteux état. Une partie de la lamaserie n’est qu’une ruine où les murs calcinés par d’anciens incendies sont les seules traces restantes.

Quelques moines de tous âges circulent ou travaillent au milieu de tout cela. A certaines heures de prières, ce sont des centaines de moines qui se dirigent en masse vers les temples mais nous n’auront pas l’occasion de voir ce spectacle. Par contre, nous aurons été quasiment seuls toute l'après midi, de quoi profiter du silence, aller où l'on veut... Nous nous sommes d'ailleurs un peu perdus dans un des temples et poussés par notre envie d'atteindre le Nirvana, nous aurons fini sur le toit après une grimpette d'échelle hasardeuse. Un très bon moment.

A l'intérieur des temples j'ai trouvé ça globalement crade. Pas une saleté "poubelle avec déchet partout" mais une impression de poussière, d'objets pas déplacés depuis la mort du Bouddha, le tout accentué par les inombrables écharpes en soie accrochées partout et qui s'éfilochent et font tout de suite sales avant même de les avoir achetées. Mais sinon, l'ambiance est fantastique et ça reste plein de couleurs.

La visite se termine par un orage nous tournant autour. Le ciel gris et la lumière rasante rendent l’endroit encore plus extraordinaire. Il est l’heure de rentrer, un poêle et un thé bien chaud nous attendent en ville pour affronter la fraîcheur de la soirée.


J'ai mis une cinquantaine de nouvelles photos en ligne mais n'ai pas voulu trop alourdir le texte en les plaçant toutes en lien. Allez donc vous balader ici pour les découvrir.
Par Sébastien
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Vendredi 28 juillet 2006
Après avoir découvert la lamaserie hier et motivés par une nouvelle nuit fraîche aux odeurs enivrantes de bouc malade ou de yack en rut (j'exagère, l'odeur était tout à fait agréable), nous sommes emportés par une envie de liberté, de grands espaces, d'encore plus de sensations et d'éblousissement des sens. Au programme de la journée, une balade au lac Bita (Bita Hai), des sources chaudes et un temple bouddiste.

Accompagnés par le réveil des babioles shops qui ouvrent leurs devantures, nous déjeunons au soleil levant sur la place principale d'une petite galette (un brin fade), d'un genre de churos fris (bien gras) et d'un jus d'orange (en bouteille). La journée s'annonce bien même si de mon côté j'ai quelques doutes. Pour avoir déjà fait du tourisme à la chinoise, j'ai un peu peur de tomber sur un lac blindé de petits chinois sous leur parapluie anti-soleil, avec des vendeurs de brochettes et de t-shirts partout et des gamins qui courent en faisant du bruit avec des sifflers sensé imiter le bruit des oiseaux. M'enfin, on verra bien.

Premier problème à résoudre : y aller !! On nous a dit d'aller à un certain carrefour où nous devrions trouver sans problème une tripoté de mini-bus qui nous proposeront tous de nous y amener. Soit. Sauf qu'au fameux carrefour, il n'y a que 2-3 mini-bus sans chauffeur... Pas glop. La solution, faire son touriste !!  Facile, on se place au milieu de la rue, on déplie sa carte, on sort tous les guides que nous avons et on fait ceux qui sont perdus. ça ne rate pas, 4 secondes et un gars dans un 4*4 nous hèle. Nous on voulait un mini-bus pourri facile à marchander et pas de pot, c'est un beau 4*4. la négociation s'annonce mal. Surtout qu'on veut être sûr qu'il nous embarquera pour toute la journée et pas seulement pour faire l'aller... Dans mon très bon chinois "courant", aidé de Cathy qui malgré toute sa meilleure volonté (je tiens à préciser qu'au bout de 3 jours, elle arrivait déjà à marchander et à commander de la bouffe toute seule en utilisant la 20taine de mots qu'elle venait d'apprendre, Bravo !) nous tentons une explication... Bon finalement, au bout de 10 minutes, il nous prend par la main pour nous emmener dans un bar où une serveuse parle anglais, ça ira beaucoup plus vite :-)

En route ! On lui avait bien dit : tu nous fais dans l'ordre le temple, les sources chaudes, l'arche calcaire et le lac. Au final, il nous dépose en premier au lac. ça doit être dans ce sens là que le font les "vrais" touristes... Va pour le lac. Mais avant d'y arriver, il faut prendre un bus pour rentrer dans la réserve naturelle et l'atteindre (et aussi bien sur payer un droit d'entrée).

Le bus nous dépose à 3700m d'altitude, au milieu des vaches, au bout d'un ponton en bois pénétrant dans une vallée verdoyante. Nous sommes agréablement surpris, même si le ponton fait très balade chinoise où il ne faut surtout pas sortir du chemin tracé, il n'y a pas trop de monde et nous avançons dans la vallée jusqu'au lac. Nous ne sommes plus en Chine mais dans un paysage mitigé entre Canada et Suisse. Première approche, balade en bateau sur le lac. 20 minutes et 150 photos plus tard, nous sommes de retour sur notre ponton qui maintenant fait le tour du lac. Comme c'est midi, il est complètement désert, nous avons le lac pour nous. Très bon moment, juste ce qu'il nous fallait. Du calme, de l'air, de la nature, du soleil, du sable à ramasser... Bonheur et plénitude...

Dans le bus de retour, nous avons sauvé une mamie au bord du malaise à cause de l'altitude. Elle n'avait pas du vouloir prendre une des bombones d'oxygène vendu à l'entrée et nous faisait un concour de la chinoise la plus blanche du Yunnan. Je propose ma bouteille d'eau, d'abord refusée par gène parce que nous sommes des étrangers, puis finalement redemandée en urgence. une mamie sauvée, ça valait bien un petit sacrifice de 2 kuais...

On reprend le bus en direction d'un pont naturel, une arche calcaire indiquée sur notre guide. Finalement on nous dépose aux sources chaudes mais comme les choses sont bien faites (et les guides à reprendre complètement) l'arche enjambe les sources. Et là, c'est un peu tout pourri. L'arche n'est pas si impresionnante et les sources sont en fait une grosse piscine au bord de laquelle les chinois mangent des brochettes en crachant dans l'eau. On nous dit qu'on a le droit de payer pour se baigner et que si on n'a pas prévu de maillot, on peut aussi en acheter à l'intérieur. Ben euh comment dire... Et si on allait juste à l'intérieur sans payer pour prendre quelques photos ?

Mais il se fait tard et on apprend de source chaude sûre par le copain du chauffeur qui est mafieux dans le tourisme que le temple Da Bao (Da Bao Si) ferme assez tôt. Aller on se tire ailleurs comme on dit au Sénégal (wahou au niveau humour, je suis au top ce soir !). Sur la route, le retour est long et au moment de tourné vers le temple, le chauffeur se retourne vers nous pour s'assurer que malgré l'heure on a toujours bien envie d'aller au temple. Evidement ! Tourne à gauche et fonce ! 20 secondes après, on comprend pourquoi il avait pas trop envie d'y aller. la route goudronnée disparait et un champs de nid de poules (trous d'obus ?) s'offre à nous. Je ne sais pas combien de temps le trajet à durer. 20, 30, 40 minutes ? Un enfer pour nos fesses et les amortisseurs. ça n'en fini plus, on ne voit pas le temps arriver. Finalement après 3 villages, 4 collines, une rivière et 12 champs à yacks, il nous dépose au pied d'un escalier qui grimpe une colline dans les bois... A part une môman cochon qui cherche à m'aguicher, il n'y a personne...

En haut des marches, un temple (?), une batisse toute miteuse nous offre ses portes closes. Bien élevés, on se faufile à travers poules et chèvres en liberté et on frappe mais pas de réponse. Les animaux ont été donné en offrande au temple mais comme les moines ne peuvent pas faire de mal à tout être vivant, ils les laissent en liberté autour du temple. Il y en a partout !! Je tiens à préciser pour rassurer nos chères mères respectives que nous sommes évidement restés très très loin de ses bestioles de malheur qui vous filent la grippe à bières et autres MST de légionaires.

Mais nous ne sommes pas venus pour rien et les 100 marches que nous nous sommes tapés pour venir jusque là nous incitent à faire le tour du temple. Et c'est un autre monde qui s'ouvre à nous. Cachée par ce temple décrépit, la forêt autour est en faite saturée de drapeaux à prières et de pierres taillées. C'est spendide !! Nous resterons là une bonne demie-heure, la tête courbée sous ce ciel coloré, accompagnés par les chèvres et le silence. Troublée, les yeux dans ses rêves Cathy se fera surprendre par une biquette qui voyant une petite boule rouge pendre de son sac essayera de lui bouffer, abimant ainsi son tout noueau sac âprement marchandé la veille.

Je dois dire que je n'ai pas de souvenir du retour sur la route en vrac. Mon esprit est resté quelques heures de plus dans cette forêt... Un brin de nostalgie, un amour naissant, je sais que loin de moi, tu es triste... M'enfin, blague à part, je me suis presque laissé prendre au mysticisme des lieux finalement... Serait-ce un signe pour la suite de notre aventure ?


Plein d'autres photos de la journée sont ICI
 
Par Sébastien
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Samedi 29 juillet 2006
Dernière journée à Shangri-la (Zhongdian). On est un peu sur les rotules. L'altitude nous pèse, je commence à avoir une migraine tenace qui me fait souffrir à chaque fois que je bouge l'oeil gauche. ça fait une semaine qu'on galope partout. Une pause s'impose ! ça sera donc une journée de repos, tranquillou pour prendre son temps, profiter de l'ambiance de la ville, dessiner un peu, faire une lessive etc.

Dans la chambre d'à côté vivent une française et son fils de 16 ans. Elle a tout abandonné en France pour tenter sa chance dans le Yunnan dont elle est tombé amoureuse. Son fil la suit, un peu malgré lui. Dur vie pour un jeune loin de tous, obligé de vivre précairement pour des raisons d'argent qui commence à manquer, sans vrais amis... Cette femme nous a invité, le soir à manger avec elle. Elle connait pas mal de monde dans la ville et apparemment le truc ce soir serait un concert dans un restaurant qui vient d'ouvrir. Les informations sont un peu floues mais on est partant bien sûr !

Pour l'instant, il faut régler le problème des billets de bus pour le lendemain matin, direction Lijiang. Nous traversons la ville à pieds en suivant le plan du Lonely Planet. Il est tellement bien fait que la gare routière ne se trouve pas du tout là où elle est indiquée sur le plan et il nous faudra demander plusieurs fois notre chemin pour finir par la trouver. Sans trop de problème nous achetons nos billets et revenons vers la ville en passant par les petites rues et un marché où Cathy découvre sa première boucherie chinoise...

La journée se passe sans problème. Nous voulons régler l'auberge parce que demain nous comptons partir tôt, mais la patronne nous dit qu'on fera plus tard... Demain... Soit. Nous lui reprécisons l'heure à laquelle nous souhaitons notre petit dej'. "Pas de problème, il y aura quelqu'un pour s'occuper de vous. Là, elle veut parler de "Cosette", c'est ainsi que nous l'avons surnommée, la petite bonne à tout faire, qui se tape toutes les corvées seules pendant que les patrons (nes) picolent et discutent au soleil.

Arrive le soir et l'invitation au resto. En fait, il nous faudra manger avant parce que nous nous étions mal compris. Puis nous partons vers ce resto. Là, une petite dame charmante nous accueille à bras ouvert. Elle est déjà en train d'offrir un festin à tout un groupe de français à l'intérieur mais nous installe sur la terrasse et nous fait apporter du thé haut de gamme, des fruits et des sucreries. Puis elle prend le temps de venir discuter un peu avec nous. Et "oh mais oui, le thé, ce n'est pas suffisant ! Vous voulez du vin ?" Et en avant pour un petit rouge pas dégueu !  Et qu'est-ce qui va bien avec le vin ?? Du fromage bien sûr !!

Deux minutes plus tard, une grande assiette de fromage de yack (!!!) nous arrive sur la table avec un gros pot de sucre à côté. Toute contente, elle nous montre comment manger ce met et submerge un morceau de fromage sous une montagne de sucre. "C'est un peu amer sinon" qu'elle nous dit. Wahou ! Tu m'étonnes que c'est amer et fort !! Cathy tente une première bouchée et craque au milieu de la seconde. Trop c'est trop !  Moi je fais le malin en me préparant pour déconner un gros bout juste au moment où la petite dame revient. Et voilà bien fait pour toi Bilou ! Maintenant il faut lui faire honneur à ton gros morceau de sucre fromage. Et avec le sourire bien sûr !! Bon finalement, c'est assez bon mais vraiment fort en goût. Bien aidé par le jeune, nous ne mangerons pas plus que la moitié de l'assiette, ce qui est un bel exploit tout de même !

Puis nous rentrons à l'intérieur, visite guidée par la patronne. C'est chaleureux, boisé, très agréable. On est pas bien là ? Les musiciens s'intallent, la patronne nous annonce que c'est open bar chez elle mais nous trouvons que nous avons déjà pas mal profité son hospitalité alors nous resterons sobres. Concert de musique tibétaine dans la pénombre tous autour du poele traditionnel. Quel moment...
Par Sébastien
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